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Balade dans le Marais

Du Parvis de Notre Dame à la place des Vosges

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En 15 étapes, partez à la découverte du Marais, entre hôtels particuliers et vieilles églises. Une balade de 2h environ.

marais carteCarte de la balade dans le Marais, à Paris.

1 Le parvis de Notre Dame

Cette balade commence sur le parvis de Notre-Dame de Paris, et c’est bien normal puisque c’est là que se trouve le kilomètre zéro de Paris, c’est-à-dire le point exact à partir duquel sont calculées toutes les distances par rapport à la capitale.  Il est représenté par un médaillon incrusté sur le sol.
En vous dirigeant vers le marché aux fleurs, vous pourrez voir au sol que les ruelles qui existaient avant que le baron Hausmann ne les fasse raser sont inscrites sur le sol. Déjà une trace du Paris médiéval.

Eloignez-vous de la cathédrale, remontez la rue de la Cité en direction du Nord et prenez tout de suite sur votre gauche. Vous arrivez sur le marché aux fleurs. 

2 – Le marché aux Fleurs

Ce marché aux fleurs est installé depuis bientôt deux siècles sur cette place. Ouvert du lundi au dimanche inclus, de 8 h à 19 h 30, il propose toutes sortes de plantes, des plus simples aux plus exotiques (y compris les fameuses plantes carnivores). Le dimanche, il se transforme aussi en marché aux oiseaux.

Continuez la rue de Lutèce qui borde le marché des fleurs sur son côté Sud et rejoignez le célèbre boulevard du Palais. Vous apercevez la flèche de la Sainte Chapelle.

3 – La Sainte Chapelle, le Palais de Justice et la Conciergerie

Vous voici sur l’emplacement peut-être le plus ancien de Paris, au coeur de l’île de la Cité. C’est ici que les rois de France établirent leur premier palais royal, devenu plus tard la Conciergerie parce qu’elle fut habitée par le “Concierge” (entendez l’équivalent du maire de Paris actuel). Aujourd’hui s’y dresse la Sainte Chapelle, souvent considérée comme le joyau de l’art gothique flamboyant. On dit que la couronne du Christ est conservée en son sein. Après avoir servie de prison pendant des années après la Révolution, la Conciergerie est devenue un musée. Il se visite quotidiennement.

Continuez le boulevard du Palais vers le Nord et traversez la Seine sur le Pont au Change. Sur votre droite s’offre l’une des plus belles vues de Paris sur l’Hôtel de Ville. Vous arrivez sur la place du Châtelet. 

4 – La Place du Châtelet et ses deux théâtres

La place du Châtelet doit son nom à un ancien petit château qui gardait cette partie de la Seine contre les attaques pouvant venir du fleuve. Il n’a pas résisté à la modernisation de Paris opérée par Napoléon en 1802 et les gravures qu’il nous en reste nous le font amèrement regretter. A sa place se dresse au centre une fontaine et deux théâtres sur les côtés construits par Davioud entre 1860 et 1862 sur ordre du baron Hausmann. Celui situé à l’Est est le Théâtre de la Ville, anciennement Théâtre Sarah Bernhard qui y a connu le triomphe et dans lequel on peut visiter sa loge.

Continuez votre chemin en direction du Nord en prenant le boulevard de Sébastopol. Sur votre droite apparaît l’immense Tour Saint Jacques. 

5 – La Tour Saint Jacques

Cette tour a l’air bien insolite à être ainsi seule au milieu de son parc. Cela n’a pas toujours été le cas : elle fut le clocher de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie construite au début du XVème siècle et détruite après la Révolution. La Tour eut un usage étrange au début du XIXème siècle puisqu’un fondeur s’en servit pour fabriquer des balles en faisant tomber de son sommet du plomb en fusion dans un baquet d’eau placé à sa base.

En face de la tour, au Nord, empruntez la rue Nicolas Flamel (du nom de l’alchimiste), traversez la rue Pernelle (femme de Nicolas Flamel !), puis prenez sur votre droite la rue des Lombards et tout de suite à gauche la rue Saint-Martin. Vous apercevez l’église Saint-Merri.

 6 – L’église Saint-Merri

En cours de restauration, cette église doit son nom Mérédicus, abbé de Saint-Martin qui fut choisi comme patron de la rive droite de la Seine en 884. Le bâtiment actuel a été construit durant la première moitié du XVIème siècle dans un style gothique sur le modèle de Notre Dame. Aujourd’hui, Saint-Merri se veut une paroisse musicale en donnant régulièrement des concerts gratuits.

Prolongez votre chemin dans la rue Saint-Martin (l’axe nord-sud de Paris datant de l’époque romaine), vous arrivez sur le Parvis de Beaubourg.

7 – Le Centre Beaubourg

Après le Paris ancien, voici l’une des expressions les plus connues du Paris de la fin du XXème siècle. Construit sur l’initiative du Président Georges Pompidou, cet immense bâtiment se veut le temple de l’art contemporain. La vue de la terrasse de son restaurant panoramique est extraordinaire pour découvrir le Sud, l’Ouest et le Nord de la capitale.

Prenez la rue bordant la face Sud du Centre Pompidou, profitez au passage de la rafraîchissante fontaine Niki de Saint-Phalle toujours en mouvement, traversez la rue du Renard, vous entrez dans la rue Saint Merri puis Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. 

8 – La rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie

Cette rue, dont l’existence est avérée depuis 1232, doit son nom au couvent des frères de la Sainte-Croix. Celui-ci était précisément situé à l’emplacement de l’actuel square Sainte-Croix de la Bretonnerie. Il fut détruit après le “relâchement moral” de ses moines au XVIIIème siècle. C’est aujourd’hui le fief de la communauté homosexuelle de Paris.

Prenez la rue des Archives à droite sur quelques mètres. Vous découvrez le cloître des Billettes.

 9 – Le cloître des Billettes

Il s’agit de l’un des derniers cloîtres conservés en bon état dans le centre de Paris. Il est de facture gothique. En faisant le tour, vous découvrirez des dalles de couleurs différentes des autres. Ne vous étonnez pas, il s’agit d’une tombe d’un de ses pères-abbés. On raconte qu’en 1290, une pauvre femme ne peut rembourser l’usurier juif Jonathas. Celui-ci lui proposa d’effacer sa dette en échange d’une hostie consacrée. Lorsqu’elle lui apporta, il la perça d’un couteau et elle se mit à saigner. Il la jeta dans de l’eau bouillante, et le chaudron se mit à déborder de sang. Démasqué, le juif Jonathas fut brûlé vif. Ses biens furent confisqués au profit de Philippe-le-Bel qui fit construire à l’emplacement de la demeure une chapelle expiatoire.

Reprenez la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie sur votre droite puis tournez à gauche dans la rue Aubriot. Vous découvrez l’église des Blancs-Manteaux.

 10 – L’église des Blancs Manteaux

Voisine du célèbre Mont-de-Piété, l’église des Blancs-Manteaux (moines portant un manteau blanc) installée ici en 1258 par Saint Louis, offre aux visiteurs du marais un havre de repos bienvenu après les trépidations commerçantes toutes proches.

Continuez la rue des Blancs-Manteaux sur votre droite jusqu’à la rue Vieille-du-Temple, remontez-la vers le Nord puis prenez tout de suite à droite la rue des Francs-Bourgeois. Sur votre gauche, une petite impasse : c’est l’impasse des Arbalétriers.

 11 – L’impasse des Arbalétriers

Ainsi nommée parce qu’elle servait auparavant de champ de tir aux arbalétriers, cette impasse puise surtout son originalité du fait qu’elle a très bien conservé son aspect médiéval et pourquoi pas, rêvons un peu, l’aspect qu’elle possédait lorsque Jean-Sans-Peur y fit assassiner son cousin et rival Louis d’Orléans, frère du roi, et relança par cet acte la Guerre de Cent Ans. (Lire notre article)

Continuez la rue des Francs-Bourgeois sur quelques mètres, puis tournez à droite dans la rue des Hospitalières-Saint-Gervais. Vous rejoignez ainsi la rue des Rosiers.

 12 – La rue des Rosiers

Elle est la rue la plus connue du Marais juif. Vous pouvez y découvrir tout ce qui fait la spécificité de la culture juive : synagogue, librairies spécialisées, mais surtout commerces alimentaires avec la célèbre enseigne “Chez Marianne” ou bien le boucher-traiteur “Goldenberg”. C’est ici que vous avez le plus de chance de croiser des juifs en costume traditionnel avec papillotes et kippa. De nombreuses plaques commémoratives rappellent les persécutions subies durant les années 1940.

Continuez la rue des Rosiers puis empruntez sur sa gauche la rue Pavée. Passez devant le numéro 17, vous découvrirez à l’intérieur de ce qui semble être une ancienne grange une bouquinerie immense. A l’angle de la rue Pavée et de la rue des Francs-Bourgeois se trouve la bibliothèque de la Ville de Paris.

 13 – Hôtel de Lamoignon / Bibliothèque de la Ville de Paris

L’Hôtel de Lamoignon, aujourd’hui bibliothèque historique de la Ville de Paris, est l’un des plus anciens hôtels du Marais. Il fut construit pour Diane de France en 1584. Elle y mourut à 81 ans après avoir connu sept rois de France. Son fils, Charles de Valois, mourut en 1650 et sa femme, Françoise de Nargonne, lui survécut 63 ans. Elle disparut donc en 1713, soit 139 ans après son beau-père, le roi Charles IX !

Reprenez la rue des Francs-Bourgeois, en miroir de la bibliothèque vous découvrez un immense hôtel particulier : c’est l’Hôtel Carnavalet.

14 – L’Hôtel Carnavalet

Cet Hôtel de style Renaissance a été acquis en 1880 par la Ville de Paris pour y installer son musée historique. Au centre de ses jardins s’élève une célèbre statue pédestre de Louis XIV. L’Hôtel Carnavalet étant aujourd’hui un musée, vous pouvez le visiter gratuitement aux heures classiques d’ouverture.

Continuez encore la rue des Francs-Bourgeois : vous voici à l’entrée de la place des Vosges.

 15 – La Place des Vosges

Commencée en 1605 sous le règne d’Henri IV, la construction de cette place, à l’emplacement d’un ancien palais de Catherine de Médicis, a été achevée en 1612. Elle est célèbre pour la symétrie et l’ordonnance des façades qui la bordent. Celles-ci sont en effet toutes identiques mais les maisons qui se cachent derrières ne le sont en rien ! Et si vous rêvez de visiter l’une d’entre elles, sachez que c’est possible puisque celle située dans l’angle sud-ouest fut habitée par Victor Hugo et qu’elle est aujourd’hui un musée qui lui est consacré. Alors bonne visite !

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